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Image ExempleLaisser la place aux autres
 
 
 
« Il faut laisser la place aux plus jeunes ! ».
   Qu’est-ce qu’elle a cette phrase, qui me gêne, chaque fois que je l’entends ? Car au fond, je suis en plein accord. Rien de pire que des anciens qui se cramponnent – si ce n’est la passivité effrayante des jeunes !
 
  Et pourtant, l’expression me gêne. Est-ce ma propre peur de voir l’Eglise affaiblie par l’absence des cheveux gris ? Est-ce qu’au fond de moi-même,je crains les conséquences d’une retraite massive des retraités ?
 
J’aimerais situer les origines de ce malaise ailleurs, dans une manière de pensée qui perçoit le service dans l’église de la même manière qu’un travail rémunéré. Là, bien sûr, l’un doit se retirer de fonctions précises pour que l’autre puisse prendre sa place et le salaire qui s’y attache.Est-ce que notre engagement devant Dieu se résume au remplissage par nousmêmes d’un contrat salutaire ? Combien de trimestres faut-il cotiser pour mériter l’éternité ?

  Est-ce que je perçois, à tort ou à raison, une confusion entre le Faire et l’Etre ? Nul ne souhaite que quelqu’un soit moniteur d’école biblique ou conseiller presbytéral à vie. Ce serait la corvée du Faire. Par contre la relation qui est entamée, en devenant chrétien – fils et frère, fille  et sœur du Seigneur, est une question de l’Etre - : Justement, une affaire de vie éternelle. Même si l’évolution de la foi de chacun – de son rapport avec Dieu et de son service – doit conduire à différents engagements et expressions au cours d’une vie, dans ce large cadre qu’est la foi on ne cède pas la place aux autres ; il y a assez de place pour tous dans la maison de notre père commun.
 
  Ainsi parfois j’entends dans ce type de propos, une dissonance similaire à celui qui dirait « j’en ai assez d’être honnête, c’est le tour des autres maintenant », ou cette autre manifestation qui se voit parfois au 4ème âge :« j’en ai marre d’être adulte, je veux que d’autres s’occupent de moi ». L’un comme l’autre mettent en question l’honnêteté ou la maturité première.
 
 Finalement, il est possible que je réagisse à un message subliminal envoyé à ceux qui nous suivent : « Venez, faites votre taf, et puis, comme nous, vous ne serez plus corvéables ! ». Pas surprenant que cela provoque la sourde oreille.
 
  En ce début d’année nous aurons, comme toujours, à chercher des hommes et des femmes qui ont envie de s’investir dans l’Eglise. C’est un lieu où, sans limite de nombre ni de durée, chacun est appelé à vivre et à approfondir sa foi. Nous sommes appelés, non pas à prendre la place laissée par d’autres, mais à remplir pleinement celle qui est la nôtre.
 
Quentin Braddock

Mise à jour le Samedi, 05 Septembre 2009 17:09